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Un village, un patrimoine, une histoire

PUYOO

     Situé dans les Pyréenées Atlantiques et flanqué entre Gave de Pau et côteaux, Puyoô se présente comme un lieu de passage, un lieu carrefour où se croisent, parallèles à l'autoroute toute proche, la route départementale 817, ancienne RN 117, et la voie ferrée, ouvrant la route vers les Landes  frontalières. L'histoire du village a été  marquée par cette particularité de lieu de passage, de carrefour et de relais qui s'exprime dans la configuration linéaire du village accentuée par la présence de la gare. L'histoire doit souvent aux lieux dans lesquels elles s'implante or le patrimoine naturel même de Puyoô lui a aussi conféré ce caractère.

Les articles, accompagnés de photos et de reportages, qui jalonneront ce site retraceront les différents traits de ce caractère qui se retrouvent dans l'histoire du village (voir "2. Histoire"), dans celle de ces rues (voir "3. Des rues et leurs histoires"), dans celle de sa gare (voir "4. La gare"),  dans celle de ses maisons (voir "5. Les pierres") et dans celles des puyolais (voir "6. Gens de Puyoô et Visages"). Le site naturel sur lequel s'est construit Puyoô et dans lequel évoluent les puyolais comportera aussi des rubriques intéressant son patrimoine vert (voir "7. Sentiers, crêtes et forêts").

 

A la frontière entre Navarre et France

     Ainsi le petit ruisseau, connu aujourd'hui pour son concours de pèche organisé pendant les fêtes du village par la Gaule puyolaise, marque encore aujourd'hui la limite du département des Landes et celui des Pyrénées-Atlantiques tandis que jadis, il marquait la frontière entre la Navarre et la France.

Aux origines...

     Au Sud de Puyoô, le Gave de Pau a constitué à la fois un point fort de Puyoô mais aussi son point faible lors des invasions et des guerres. Pour contrecarrer cette faiblesse, les côteaux, au Nord, et leurs flancs se sont faits promontoires et lieux privilégiés de surveillance. Ce n'est  pas un hasard si l'on trouve à Puyoô des vestiges tels des oppidum, des castera et des mottes. Les restes aquitano-romains, tels la Tare de las Mourellas ou encore les traces de fortifications sont encore autant de témoignages de cette recherche de surveillance des passages pouvant venir du Gave.

     Le nom du village de Puyoô puise son origine dans l'existence de ses côteaux puisqu'il provient du mot puèii, "puy" signifiant hauteur et découlant du latin podeum qui donna pujòu en gascon, la "petite hauteur", le "tertre".  Un document de 1125 évoque Puyoô sous le nom de "Pujol", portant la même signification.

     Si aujourd'hui la plaine est la partie la plus peuplée du village, la légende veut que les habitants autrefois installés dans la plaine du Gave furent repoussés sur les côteaux par les romains, ce qui expliquerait que la signification de "hauteur" l'ait emporté pour attribuer un nom au village.

     Il reste des vestiges de cette conquête romaine, comme l'atteste la présence de vieilles murailles sur le territoire de la commune, indiquant la formation d'une enceinte polygonale dont le revêtement grossier formé de galets et de cailloux est pris dans un mortier comparable à des vestiges Gallo-Romains.

     Les anciens du pays appelaient cette construction "Lou Tare De Las Mourelles" (le terrier des mûres). La légende évoque aussi la présence d'un chemin souterrain dénommé "Lo camin de las hadas" (le chemin des fées), long de 29 kilomètres, partant de la commune et rejoignant Dax. D'autres vestiges encore ont pu être découverts comme un camp formant un cratère entouré d'un chemin de ronde, mais celui-ci fut détruit en 1964 pour laisser place à l'exploitation d'une gravière. A sa démolition, la découverte d'une bombarde dévoile l'existence d'un fort en forme de cratère, sur la droite du chemin du gave.


Au temps des vicomtes de Béarn

     En 1193, Gaston VI Le Bon (1173-1214) conquit la région et Puyoô, auparavant sous la domination du vicomte de Tartas, devient la vassale des Moncades, vicomtes de Béarn. Bien déterminé à renforcer la frontière occidentale de son vicomté, Gaston VII (1229-1290) fortifia la marque qui passait par la Motte de Puyoô et fut à l'origine du château de Bellocq.

     Datant de cette époque, Puyoô possède une chapelle du XIIIe siècle, ainsi qu'un château rebâti sur les restes de l'abbaye : le Château des Dames de Lescar, propriété actuelle de la famille Corsi.

     Puyoô demeurera dans le territoire des vicomtes de Béarn : les Moncade (1173-1290), les Foix-Béarn (1290-1472), dont Gaston Fébus (1343-1391), avant que leur succèdent les Rois de Navarre (1472-1572) et de rallier le Royaume de France et de Navarre avec Henri IV, à partir de 1572.

     Le temps des invasions achevé, le village va peu à peu évoluer de l'idée de frontière à celle de carrefour, même s'il restera un point stratégique.

 

De la frontière au carrefour

 

      Puyoô est un lieu de passage.

      Il est notamment emprunté par les pélerins de Saint-Jacques qui viennent faire halte dans l'ancien relais de poste, aujourd'hui Maison des associations qui conserve ces traces du passé avec le verrou en forme de coquille vissé sur la porte d'entrée principale.

     Si la route et le Gave traçaient déjà deux voies parallèles qui favorisèrent la constructuction linéaire du village, l'implantation de la ligne de chemin de fer en 1863 va accentuer ce caractère. La création de la gare et la position privilégiée de noeud ferroviaire va entraîner le développement industriel et commercial du bourg. La gare sera d'ailleurs le point de départ d'un noeud ferroviaire qui connaîtra son embellie avec la création de la ligne Puyoô-Saint-Palais-Mauléon en 1884, avant sa fermeture en 1968 (voir l'article sur la gare).

 

 

Les guerres napoléoniennes et Puyoô, l'invasion de 1814

Puyoô témoin et acteur de la bataille d'Orthez

Extrait de "L'invasion de 1814" de J.-J.-C. Tauzin,

Chroniques Landaises, in Revue de Gascogne, Bulletin du Comité d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch, Société historique de Gascogne, tome XXXIX, 1898, p. 225-245.

" - III -

De Peyrehorade à Aire (23 février - 3 mars)

Désespérant, à cause de son infériorité numérique, de se maintenir sur le Gave d'Oloron, de duc de Dalmatie songeait à échelonner son armée sur Orthez, afin de saisir le moment où il pourrait surprendre ses adversaires au passage du Gave de Pau. L'infanterie anglaise, qui suivait pas à pas nos bataillons en retraite, avait commencé son mouvement sur Bidache. [...]

A gauche et au centre les événements s'étaient aussi précipités. Reculant pas à pas devant son adversaire, Clausel était arrivé à Orthez à cinq heures du matin; Hill ne tarda pas à paraître sur les hauteurs de Magret ; il en chassa Vilatte, qui occupa fortement le faugbourg de Départ, sur la rive gauche du Gave de Pau. L'ennemi commença à tirer sur la ville et, à deux heures du soir, engagea dans les rues de Départ un combat de tirailleurs, dans lequel il perdit 2 à 300 hommes, pour empêcher les Français de faire sauter le pont : ils ne purent, en, effet, en détruire qu'une arche (25 fev.). Taupin avait rallié sa division à Salies et passé la rivière à Bérenx dont il rompit le pont.

L'armée anglaise étant partagée en trois colonnes se trouvait affaiblie par cette disposition et Soult voulait mettre à profit cet éparpillement des forces ennemies.

Tandis que la droite des alliés était engagée dans un long et pénible mouvement pour franchir le Gave de Pau au-dessus de Peyrehorade, le duc de Dalmatie guettait le moment où Stappleton-Cotton le traverserait aux gués de Lahontan et de Bérenx pour culbuter sa cavalerie ainsi que la division Picton, vant que Béresford et Hill pussent venir à son secours. La chose était possible si l'on prenait l'offensive en temps opportun, mais la négligence d'un officier d'avant-garde, en faisant échouer cette combinaison, devait entraîner la défaite de l'armée française. Le colonel Faverot, du 15e chasseurs, chargé de la surveillance des gués de Peyrehorade à Orthez, sous prétexte de faire son rapport au maréchal, s'absenta sans en avoir demandé l'autorisation et sans avoir pourvu à son remplacement. L'ennemi profita de cet oubli déplorable pour commencer son passage à Cauneille et le continuer rapidement (25 février). Penadnt la nuit un détachement de pontonniers réussit à construire un pont de bateaux. La cavalerie passa alors, ainsi que deux divisions de Béresford, en face de Labatut. "Les avant-postes français étaient à Puyoo. Ils furent attaqués par les escadrons de Burke, qui les poursuivit à travers les rues de Puyoo et de Ramous et s'arrêta à la vue des fantassins qui paraissaient sur le haut des collines boisées dominant ces villages. Les 10e, 7e et 15e hussards forcèrent la rivière près de Puyoo et revinrent par le gué de Bellocq"*. A 3 heures de l'après-midi, le colonel Faverot arrivait à Orthez pour annoncer à Soult que les Anglais étaient déjà établis sur la rive droite et que son régiment, vivement poursuivi, n'était plus qu'à une lieue".

* [Woodberry, p. 166]